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1% de la population détient 46% de la richesse mondiale

20/10/2013 - Voici le texte paru dans la presse écrite et électronique le 09/10/2013

La richesse mondiale a augmenté de 68% ces dix dernières années pour atteindre 241.000 milliards de dollars (178.000 milliards d’euros) et le centième de la population le plus fortuné détient 46% du patrimoine global, montre une étude publiée mercredi par Crédit Suisse.

Le patrimoine moyen a atteint 51.600 dollars par adulte mais les richesses restent très inégalement réparties, ajoute le rapport "World Wealth Report" rédigé par les analystes de la banque helvétique.

Il prévoit que la fortune mondiale devrait progresser de 40% supplémentaires d’ici 2018 pour atteindre 334.000 milliards de dollars.

Les pays les plus riches, dans lesquels le patrimoine par adulte dépasse 100.000 dollars, sont concentrés en Amérique du Nord, en Europe occidentale et parmi les nations les plus avancées de la région Asie-Pacifique et du Moyen-Orient.

Sans surprise, la Suisse se classe en tête avec un patrimoine moyen par adulte de 513.000 dollars, devant l’Australie (403.000 dollars), la Norvège (380.000) et le Luxembourg (315.000). Suivent les Etats-Unis, la Suède, la France, Singapour, la Belgique et le Danemark avec des patrimoines moyens situés entre 250.000 et 300.000 dollars.

A l’opposé, deux tiers des adultes de la planète disposent d’un patrimoine inférieur à 10.000 dollars et ne représentent que 3% de la richesse globale.

Credit Suisse précise que 98.700 personnes dans le monde disposent d’une fortune de plus de 50 millions de dollars, dont plus de la moitié aux Etats-Unis et un peu plus d’un quart en Europe.

Les "BRIC" (Brésil, Russie, Inde et Chine), les quatre principaux pays émergents, comptent chacun environ 5.800 de ces "ultra-riches", selon les estimations de l’étude.

Mais alors qu’ils ne représentaient que 5% des milliardaires du monde entier en 2000, cette proportion atteignait 19% en 2010. En Chine, le nombre de milliardaires est passé en dix ans d’un à 64, précise le rapport.

Peu importe comment ces chiffres sont calculées, ce qui est très intéressant est :
- l’évolution de la richesse mondiale sur les dix dernières années dans lesquelles on a vu éclater des énormes bulles spéculatives et des pays entiers poussés au bord de la faillite
- l’accroissement de l’inégalité de la répartition de cette richesse, avec des riches toujours plus riches et des pauvres toujours plus pauvres.

4/11/2013 - Effet collatéral délétère de ces accumulations de richesses dans peu de mains, la mainmise de ces mêmes individus sur les pouvoirs normalement confiés aux élus de tous les systèmes relevant d’une forme de démocratie. Pour preuve, ce texte paru aujourd’hui dans les colonnes du site "lemonde.fr" que je me permet de transcrire pour le conserver et nourrir ma réflexion :

COMBAT DE COQS – Bill Gates accuse Mark Zuckerberg de préférer Internet aux vaccins

Comment mettre la technologie au service d’un monde meilleur ?

La question se pose, en ce moment, à tous les milliardaires de la Silicon Valley. Quelques mois après le souhait exprimé par Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, de faire de l’accès à Internet dans le monde entier une préoccupation humanitaire, Bill Gates, le cofondateur de Microsoft et président du groupe, a tenu à rappeler, dans les colonnes du Financial Times qu’aussi "incroyable" soit la technologie elle ne sauvera pas le monde, et que les priorités sont ailleurs.

"J’adore vraiment la technologie. Mais, si nous voulons améliorer la vie sur terre, il y a des priorités plus fondamentales à gérer, comme la survie et la nutrition des enfants (...). Les PC ne sont pas, dans la hiérarchie des besoins humains, dans les cinq premiers échelons", confie le philanthrope, faisant ainsi référence à la pyramide des besoins de Maslow – des besoins physiologiques de survie (manger, boire, dormir) au besoin d’accomplissement de soi.

"L’Internet est un fondement important pour améliorer le monde", avait déclaré Mark Zuckerberg à Wired au mois d’août, au moment de présenter – en collaboration avec Samsung, Ericsson, Nokia, Qualcomm, Mediatek et Opera Software – son projet Internet.org, visant à étendre l’accès à Internet à cinq milliards de personnes dans les pays pauvres – sur une population mondiale de sept milliards –, alors que le public potentiellement connecté atteint la saturation dans les pays riches. Pour y parvenir, Internet.org propose de réduire drastiquement le coût des services internet de base sur les téléphones mobiles dans les pays en voie de développement. Certains n’ont pas manqué d’y voir là un nouveau moyen, pour Facebook et ses partenaires, de gagner de nouveaux marchés dans des pays à potentiel de croissance.

"C’est une blague ?"

Si Bill Gates ne remet pas en question l’idée de connecter toute l’humanité, il sonne la charge contre le sens des priorités et les valeurs de Mark Zuckerberg. Interrogé par le Financial Times qui lui a demandé si la connectivité globale à Internet était plus importante que, par exemple, trouver un vaccin contre le paludisme, l’ardent défenseur de la recherche sur cette maladie répond : "En priorité ? C’est une blague ? [...] Qu’est-ce qui est le plus important, la connectivité ou un vaccin contre le paludisme ? Si vous pensez que la connectivité est l’élément-clé, c’est super. Mais moi, non."

En août déjà, Bill Gates n’avait pas hésité à attaquer le projet "Google Loon", l’Internet via des ballons-sondes imaginé par Google pour apporter une connexion dans des zones reculées. Là encore, le milliardaire n’avait pas trouvé l’idée mauvaise mais avait invoqué la nécessité de s’intéresser à des problématiques plus urgentes : la faim, les soins médicaux ou l’éducation.

Donneur de leçon

Depuis qu’il n’est plus PDG du groupe, fonctions prises par Steve Ballmer en 2000, le technocrate de 58 ans s’est pleinement investi dans l’organisation d’actions philanthropiques au sein de sa fondation Bill & Melinda Gates et a investi des milliards de dollars dans la lutte contre le paludisme.

Deuxième fortune mondiale, Bill Gates a déjà donné 20 milliards d’euros et compte céder 95 % de ses biens à des œuvres humanitaires, encourageant, via sa campagne "The giving pledge", les plus fortunés des Américains à suivre son exemple et à donner plus de la moitié de leur patrimoine à des œuvres philanthropiques.

Une exemplarité qui tend à le rendre un peu trop donneur de leçon au goût de ses contemporains.

(Désolé pour l’éditorialiste qui a écrit - mais pas signé - le texte ci-dessus, sa première phrase aurait du être "Comment mettre la richesse au service d’un monde meilleur ?")

Je me suis limité à surligner quelques expressions qui mettent en évidence le manque d’humilité et le déni de démocratie de ce type de discours : si ces individus souhaitent restituer à la communauté une partie de leurs richesses, qu’ils le fassent par l’entremise des gouvernements démocratiquement élus des pays qu’ils veulent aider. S’ils savent certainement bien gérer des sociétés dans les domaines de l’informatique et de l’internet, pour ce qui est des besoins de l’humanité ils sont aussi incompétents que je peux l’être.

Quant aux véritables finalités de toutes ces "fondations philanthropiques", lisez attentivement cet article paru dans AgoraVox : c’est édifiant et atterrant !!

19/11/2013 - Mon ami Jean me signale un article de presse paru dans l’Humanité-Dimanche (à qui je demande par avance leur indulgence, mais finalement je leur fais de la publicité ...) que je me permet de reproduire. Il relate l’interview d’un ex-banquier d’affaires qui exprime son point de vue sur les raisons des dérèglements qui ont conduit aux crises financières et sociales actuelles. Voici le texte paru le 24/10/2013 : bonne lecture !

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