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27 octobre : Carrion de los Condes → Terradillos de los Templarios

La voix du pèlerin

A Carillon de Los Condes les sœurs de St Philippe Néri nous ont accueillis chaleureusement dans leur couvent si soigné. La messe à 8 heures nous a réunis sous le regard d’une vierge en bois blanc et d’un Christ remarquablement sculpté. Le Père Olivier reprend St Paul en disant : « Je ne fais pas le bien que je voudrais faire, mais je fais le mal que je voudrai faire ».

Ensuite, devant la canopée d’une peupleraie en robe d’automne, la lectio commence avec Marie-Madeleine au tombeau. Le P. Olivier évoque la pécheresse pardonnée, thème sur lequel nous allons méditer en silence le temps de la marche.

Nous franchissons le rio Carrion : de l’eau, une armée de peupliers alignés, une végétation volontaire enfin après le désert ocre jaune de Castille. Notre marche nous amène devant l’abbaye de Bene Vivere (Vivre selon le bien), monastère des chanoines de St Augustin. « Les mains ouvertes de Dieu » dit Dominique pour notre lectio, sous les sapins et avec le chant des oiseaux sur le texte de Jn 20, 1-18 : c’est le grand matin où l’ultime péché de Marie-Madeleine fut de ne pas croire à la résurrection. Mais, appelée par son prénom Marie, Jésus l’invite à annoncer à tous la grande nouvelle.

Puis nous reprenons la via Aquitania, droite, droite, droite, sous un soleil généreux, un ciel bleu franc, des champs argileux couverts de galets à l’infini ! Soudain un premier et unique champ de maïs s’offre à nous, et aussi une table de pique-nique bien garnie et gardée par les mouches !

Pour finir, la prière de la lectio s’élève des chaumes, comme le Christ monte vers son Père.

Puis nous reprenons le Camino droit, droit, droit jusqu’à Terradillos de los Templarios où nous retrouvons un jardin tout vert pour la première fois depuis longtemps !
Brigitte et Sylvie


(Cliquer sur le diaporama pour afficher les photos en plein écran)

Le jour se lève sur Carrion de los Condes

Le couvent des Soeurs Filipenses qui nous ont magnifiquement accueillis

Nous quittons Carrion de los Condes ...

... pour retrouver notre Camino sur la "meseta"

Une pause à Villalcazar de Sirga

Vêpres à Terradillos de los Templarios


Lectio 5 - MARIE-MADELEINE, la femme qui reçoit le pardon

Jn 20, 1, 11 – 18

Le premier jour de la semaine, Marie-Madeleine se rend au tombeau de grand matin : c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau (…). Marie-Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau. Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit on avait reposé le corps de Jésus. Ils lui demandent : "Femme, pourquoi pleures-tu ?" Elle leur répond : "On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé". Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : "Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ?" Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : "Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre". Jésus lui dit alors : "Marie !" S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : "Rabbouni !", c’est-à-dire : Maître. Jésus reprend : "Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu". Marie-Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : "J’ai vu le Seigneur !", et elle raconta ce qu’il lui avait dit.

Méditation pendant la marche

Qui est "Marie de Magdala" ? La femme pécheresse ? La femme adultère ? La femme au parfum ? Toute femme peut se retrouver dans la fragilité de l’humanité de Marie de Magdala. Marie se tient dehors par respect, par peur. Les anges l’interpellent ; elle pleure l’absence. Le regard de mépris des uns, le jugement moral des autres l’ont enfermée dans la culpabilité et la souffrance. Sa rencontre avec Jésus l’a libérée. Le regard d’amour et de pardon de Jésus l’a relevée et lui a permis de retrouver sa dignité de femme. Il l’aime sans retour, gratuitement, telle qu’elle est, avec ses fragilités et ses errances … Quand Jésus lui parle, Marie reconnaît cette voix ! Cette voix qui lui a révélé ce qu’est l’amour ! Marie de Magdala veut garder Jésus pour elle ! Mais Jésus l’invite à le laisser partir vers son Père qui est aussi celui de Marie. Jésus l’envoie en mission auprès de ses amis et lui demande d’annoncer sa Résurrection. Jésus a choisi Marie de Magdala pour partager cette Bonne Nouvelle. Elle peut continuer son chemin de vie, et approfondir et mettre en pratique "toutes ces choses" qu’il lui a dites.

- M’arrive-t-il de juger ? De condamner au nom de la morale ou simplement pour cause de désaccord ?
- De quelle manière puis-je transformer mon cœur pour accueillir le pardon ? Le recevoir ? Le donner ? Me réconcilier ?
- Pourquoi pas avec un sacrement ?


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