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An 4 (2013) : de La Romieu à Louvigny

Quatrième année de parcours ... je reprends les paroles de notre "berger" P. Pierre Bothuan : nous sommes en vitesse de croisière !

Quatrième année ... de records :
- le plus jeune marcheur, Florent, 11 ans
- le plus ancien, Mireille, 80 ans
- les plus fortes chaleurs, arrivant après un printemps record pour son froid et ses intempéries, avec les premiers 40° au thermomètre de notre voiture suiveuse

2013 : La Romieu→Louvigny

Ci-dessous, au fil des jours, les paroles des pèlerins et les reportages photographiques de Denise, Joël et Marie-Hélène : pour y accéder, cliquer sur les liens (soulignés) de chacune des étapes, détaillées avec précision par les descriptifs de Jacques.

7/07 : retour à La Romieu

Facile ... confortablement installés dans un beau "Car de Versailles" conduit de main de maître par Robert (qu’il soit remercié pour son habilité et sa gentillesse) ... aucune difficulté à signaler ! À l’arrivée dans l’après-midi, l’été nous attend avec ses 35° qu’on avait oublié ...

Nous avons découvert l’an passé, ce petit village de 550 habitants, fondé par des moines pèlerins au 11e siècle. Il possède une importante collégiale que fit construire en 1318 Arnaud d’AUX, natif de LA ROMIEU, devenu évêque de Poitiers, puis cardinal par la grâce de son cousin Clément V, premier pape d’Avignon. Le site est inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO en 1998.

Sur la place du village trône une statue d’ANGELINE. Mais pourquoi a-t-elle des oreilles de chat ?

8/07 : de La Romieu à Larressingle

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Ce sera la plus longue étape de la semaine, mais peut-être la plus riche par sa diversité en paysages où l’histoire se lit à travers les villages et les monuments.

C’est le prolongement de la LOMAGNE déjà parcourue l’an dernier depuis LECTOURE, paysages très vallonnés. Nous longeons le château de MARIDAC pour arriver à CASTELNAU, village remontant au 11e siècle, mais qui en 1944 abritait des maquisards, et fût entièrement détruit par les allemands. Il n’y reste d’ancien qu’une tour du château et l’église N.-D. du Rosaire. Après avoir franchi l’Auvignon nous pourrons voir la chapelle Ste Germaine, romane du 12e siècle dans son enclos, avant d’arriver au lac de Bousquetara et nous verrons bientôt CONDOM : sous préfecture du Gers et petite capitale de l’Armagnac. Curieusement les administrations et services publics ont su habilement se nicher dans les monuments de la ville : la mairie loge dans le cloître, la sous préfecture dans l’ancien palais des évêques. La ville est dominée par le clocher de la cathédrale batie au début du 16e siècle. C’est un exemple typique de l’architecture gothique finissante où l’on voit apparaître le style Renaissance. Nous traverserons la ville en admirant quelques beaux hôtels du 18e, avant de franchir la Baïse, belle rivière qui fût navigable et transportait les barriques d’Armagnac vers Bordeaux.

3 km plus loin, le chemin nous amènera à LARRESSINGLE. Le petit détour sera vite compensé par la beauté de la « petite Carcassonne », comme l’appelaient les Gascons. Village de poupée, c’est la plus petite cité fortifiée de France. Le rempart de 270 m. de tour a encore fière allure avec ses tours carrées et ses profonds fossés. Son église au clocher-mur comprend 2 nefs, l’une gothique prolongeant l’autre romane dont on ouvrit le chœur.

9/07 : de Pont d’Artigue à Lamothe

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Le parcours commencera au Pont d’Artigue, pont romain à 5 arches inégales sur l’Osse, utilisé de tous temps par les pèlerins. Il existait un hôpital monastère à proximité dont il ne reste rien. Une fois le pont franchi, le chemin continue dans un paysage partagé entre la forêt et la viticulture. Après quelques kilomètres nous verrons sur la droite du chemin l’ancienne église St Louis de ROUTGES, avec son clocher-mur en queue de morue et sa petite porte des cagots.

À mi-parcours nous découvrirons MONTREAL du GERS, capitale de la TENAREZE, fière d’être la plus vieille bastide de Gascogne (1289) et de posséder le plus grand vignoble de l’Armagnac. Bâtie sur un éperon rocheux elle possède une belle place à arcades et une église imposante en partie fortifiée du 13e siècle. Plus loin sur notre gauche nous apercevrons le château de Montaut, et après avoir traversé les vignes nous parviendrons à Lamothe. Haut-lieu de la Ténarèze avec sa tour de garde du 13e siècle, poste avancé des Armagnac durant la guerre de 100 ans, remarquable construction restée intacte. L’église de LAMOTHE possède un rétable et une Pieta en bois du 16e siècle.

10/07 : de Éauze à Nogaro

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Située au cœur géographique du vignoble, EAUZE est la plus grande capitale de l’Armagnac. Ancien évêché au 4e siècle, la remarquable église St Luperc fut terminée en 1521. Elle a un bel effet de pierre apparente mélangée à la brique. Elle est dénommée, peut être abusivement, cathédrale par certains. Ses hautes baies ont des vitraux du 17e.

Nous verrons également tout près de St Luperc la maison dite de Jeanne d’Albret, vieille maison à colombages où séjourna en 1579 Henri IV.

A mi-chemin nous déboucherons sur les arènes de MANCIET, réservées aux courses landaises et nous traverserons la ville qui possède l’église N.D. de la Pitié, construite en 1545 où l’on peut découvrir deux sarcophages dont un du 4e S. en marbre blanc. À quelques kilomètres, dans les bois nous aurons la surprise d’arriver à l’église hôpital Ste Christie, ancienne chapelle d’un gothique primitif d’une commanderie de l’Ordre de Malte. Plus loin au bord du chemin une borne à la croix de Malte est l’unique survivante d’une bonne vingtaine qui délimitaient l’important hospice.

Encore un petit effort et nous voilà à NOGARO, lieu d’étape du jour. Nogarolium (lieu planté de noyers) a été bâti au 11e siècle. Au cours des guerres de religions elle ne pût échapper aux troupes de Montgomery qui la ravagèrent et endommagèrent l’église. Nous remarquerons en arrivant les arènes destinées aux courses landaises. Nous n’entendrons pas les moteurs des essais de formule 1 sur le circuit automobile réputé de renommée internationale. Mais quel paradoxe que cette invitation à la vitesse quand nous, pélerins, ne « roulons qu’au pas » !

11/07 : de Nogaro à Lelin-Lapujolle

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Dernière étape dans le Gers. Nous laisserons les vignes et les dernières collines pour arriver dans la vallée de l’Adour.

Au départ nous traverserons NOGARO par l’église St Nicolas, encore aujourd’hui un des monuments les plus remarquables de la contrée. Romane du 11e siècle, le tympan du portail latéral comporte un christ en majesté, entouré des symboles des quatre Évangélistes. De superbes fresques des 11e 12e siècle retracent la vie de St Laurent. Dans une cour derrière l’église les vestiges de l’ancien cloître sont visibles.

Après quelques heures de marche nous arriverons à l’église St Pierre de LANNE-SOUBIRAN, (commune sans gros villages regroupant tous les hameaux à la ronde). C’est une petite église romane du 11e siècle qui après les guerres de religion a été remaniée au 17e en gothique.

L’après-midi nous poursuivrons dans un décor de bois et de champs de céréales avec quelques fermes seulement où la vigne se fait discrète pour arriver aux dernières collines qui culminent à180 mètres et forment un alignement au-dessus de la large plaine de l’Adour comme des sentinelles qui voudraient empêcher le fleuve de couler vers le Nord. Nous terminerons avec le car la journée à Aire s/l’Adour.

12/07 : de Aire s/Adour à Miramont-Sensacq

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AIRE S/L’ADOUR est une très ancienne cité, la Vicus Julli des Romains. La ville devenue ATURA fût au 5e siècle capitale du royaume wisigoth d’Alaric 2. Aire perdit son évêché à la Révolution au profit de Dax maintenant. Par contre elle conserve sa primauté dans le domaine des volailles et des foies gras.

La cathédrale Jean Baptiste souvent remaniée et curieuse par son aspect hétéroclite n’a conservé du 12e S. que 3 travées et l’abside. Une grande partie de son mobilier est classé. Les orgues des tribunes restent l’élément le plus marquant : réalisées au 18e par Dom Bedos.

Sur la colline au sud, se dresse l’église Ste Quitterie, inscrite au Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. Elle jouxtait au 12e le monastère bénédictin. C’est un édifice gothique, la façade du 14e présente un magnifique portail avec sur le tympan le Christ bénissant entre St Jean et la Vierge et sur deux bandeaux des scènes du Jugement Dernier. A l’intérieur le chœur accuse (sans preuves !) un style baroque italien : nef ogivale et autel. L’abside est romane, ainsi que la crypte, une des plus vastes d’Europe : on y trouve un superbe sarcophage du 4e siècle en marbre blanc de Saint Béat.

Durant cette journée dans les Landes nous traverserons le TURSAN, à la limite sud du département, plus connu depuis 2011, son vin ayant obtenu l’appellation AOC.

Après les premiers kilomètres et le lac du Broussau, nous traverserons les longues plantations de maïs, avec comme uniques cathédrales les énormes silos de stockage. Nous verrons quelques petits hameaux en fin de randonnée pour terminer à MIRAMONT-SENSACQ oû le château d’eau, en bon voisin, peut discuter avec le clocher de l’église.

13/07 : de Miramont-Sensacq à Louvigny

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Dernière étape de notre pèlerinage cette année, et déjà les Pyrénées approchent. En effet de l’église de MIRAMONT en haut du village, ou plus tard du village de PIMBO, nous pourrons par beau temps (?) avoir une superbe vue sur les Pyrénées. Nous retrouvons pour terminer les collines les plus hautes des Landes avant de quitter ce département.

L’église St Martin de MIRAMONT est particulièrement accueillante et son curé, le Père Roger, y est pour beaucoup, bien estimé de tous les gens du pays. L’église est remarquable par son clocher pignon. Nous traverserons le village pour nous diriger à 4 kilomètres vers la petite église romane St Jacques du début 11e, en pleine campagne. Nous y ferons une petite halte pour découvrir des fonts baptismaux par immersion.

A mi-journée nous atteindrons PIMBO. Ce village possède la plus ancienne bastide des Landes. Les anglais avaient compris tout l’avantage qu’ils pouvaient tirer de PIMBO dominant le pays d’alentour. Il est remarquable notamment grâce à la vieille collégiale St Barthélemy. Elle possède un portail et des chapiteaux romans.

Après la descente au départ de PIMBO, nous franchirons le Gabas, ruisseau important car il marque la frontière du département des Pyrénées Atlantique où nous entrerons. Nous nous dirigerons vers la tour Louis XIII pour entrer dans la première bourgade que nous trouverons sur le chemin : ARZACQ-ARRAZIGUET. Le village a pour origine une bastide fondée par les anglais au 13e siècle. L’église St Pierre abrite une très belle Vierge en bois de tilleul datée de 1638, assise sur une cathèdre tenant l’Enfant nu pendant que deux anges tendent derrière elle un drap fleurdelisé.

En 1620, LOUIS XIII passa une nuit à ARZACQ qui était en France pour venir imposer au Parlement de PAU, huguenot et récalcitrant, le rattachement du Béarn à la France et y rétablir la religion catholique.

Deux rivières parallèles délimitaient alors la France et le Béarn : le Luys de France que nous franchirons avant de terminer la journée à LOUVIGNY, et le Luys de Béarn que nous traverserons l’année prochaine pour entrer en plein cœur du Béarn. Nous terminons la randonnée du jour et de la semaine à LOUVIGNY. C’était autrefois une vicomté qui possédait un château fort. Nous ne le verrons pas, il fût détruit en 1453, reconstruit en 1459 et définitivement rasé deux siècles plus tard sur ordre de Richelieu. Nos derniers pas nous conduiront vers la petite église St Martin qui fait partie de l’immense paroisse de N.D. des Luys.

14/07 : fin de parcours et retour à Marly

Pour les trois dernières étapes du parcours, nous avons logé à Aire s/Adour, notre car faisant la navette pour nous amener chaque jour au point de départ de l’étape et nous recueillir chaque soir. C’est ainsi que nous terminerons notre chemin 2013 par l’office dominical dans la cathédrale suivi d’un joyeux repas de départ.

À suivre ...

Voir aussi le reportage sur le site de la Paroisse de Marly. Pour y accéder, cliquer ici : http://marly-catholique78.fr/

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