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An 6 (2015) : de St.Jean-Pied-de-Port à Los Arcos

Sixième année de parcours ... on sort de France et on attaque la partie espagnole du Chemin !

Le parcours commenté par les pèlerins et illustré par les images de Denise et Fulvio :

2015 : St.Jean-Pied-de-Port→LosArcos

Le parcours dans ses détails logistiques et géographiques :

Dimanche 5 juillet : Marly - St.Jean-Pied-de-Port

Voyage en car, départ vers 6h du matin, arrivée à St.Jean-Pied-de-Port dans l’après-midi, installation dans les gites (Auberge du Pèlerin et Gite Ultreia).
Le mot de Jacques : Nous retrouvons avec plaisir cette belle et typique ville basque située au pied des Pyrénées. Elle est dominée par la Citadelle. La porte St Jacques et la rue de la Citadelle sont empruntées par tous les pèlerins. Cette rue est bordée de vieilles maisons en rangs serrés du 17ème et 18ème.
La rue de la Citadelle aboutit en bas à l’église de N.D. de l’Assomption (N.D. du Bout du Pont), puis à la porte Notre Dame et au pont médiéval sur la Nive, qui seront notre passage obligé le lundi vers Roncevaux.
C’est une étape très longue et avec un très grand dénivelé, raison pour laquelle il a été décidé d’organiser un transport en minicar, au départ de St.Jean, pour ceux qui ne se sentent pas capables de marcher sur la totalité de l’étape.
— 6h : petit déjeuner
— 6h30 : Laudes
— 7h : distribution des paniers-repas et départ des pèlerins qui souhaitent parcourir à pied la totalité de l’étape
— vers 9h30 : départ en minicar des autres pèlerins
— vers 11h (km 12) : rendez-vous de tous les pèlerins au site de la "Vierge de Biakorri"
— vers 13h (km 19) : halte-déjeuner, entre les cols de Bentarte (frontière entre la France et l’Espagne) et le Collado Lepoeder (point haut du parcours) suivi de la lectio-divina. Après le Collado Lepoeder, le chemin est en descente constante jusqu’à Roncesvalles.
— vers 17h : "Vêpres" à la chapelle San Salvador, près de la stèle à Roldan (le Roland espagnol)
— vers 18h (km 27) : arrivée à Roncesvalles, récupération des bagages et installation dans le logement "La Colegiata"
— 20h : Messe des Pèlerins à "La Colegiata"
— 21h : diner en commun à l’auberge "Casa Sabina"
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Le mot de Jacques : La cité médiévale et la célèbre rue de la Citadelle sont une incitation au départ pour poursuivre le périple du Chemin. Le franchissement des Pyrénées est un passage obligé : vers la Navarre (pays basque espagnol.)
Mais que de beauté à découvrir avec des paysages fascinants qui jalonnent cette ancienne voie romaine de Bordeaux à Astorga, empruntée déjà par les pèlerins médiévaux. C’est un chemin historique et légendaire : Roland et son combat contre les Maures : au col d’Ibaneta se dresse une « Durandal » accrochée dans la pierre.
Nous passerons aux pieds de la Vierge de BIAKORRI (les vents qui courent), apportée de Lourdes par des bergers. Nous atteindrons KAROSSA USKALI (carrosse renversé) : le 6 janvier 1560 Elisabeth de Valois (fille d’Henri 2) roulait vers l’Espagne pour y épouser le roi Philippe II, une voiture se renversa (morts, chevaux tués ...). La princesse indemne fût accueillie à Roncevaux par 400 pèlerins.
Plus loin la Croix THIBAUT en grès rose, porte une inscription basque « ni naiz bidea » (je suis le Chemin). Au col de Bentarte nous verrons la fontaine de Roland avant de franchir le col Lepoeder. Nous entrerons en Espagne à la borne frontière 199, pour découvrir plus bas au col d’Ibaneta la chapelle moderne de San Salvador (1965) qui remplace l’ancienne disparue dont la cloche guidait les pèlerins dès 1071 ; et c’est la descente vers RONCEVAUX. On pourra y découvrir :
— quelques maisons groupées autour d’un couvent aux allures de forteresse fondée en 1132
— un cloître du 14ème endommagé en 1600 (avalanche). Il donne accès à la chapelle St Augustin, et à la Collégiale.
— la capilla San Agustin : ancienne salle capitulaire du 14ème, avec le tombeau de Sancho el Fuerte : géant de 2,25 m (gisant grandeur nature)
— la Real Colegiata (collégiale royale) construite vers 1200 est un bel exemple d’art gothique français (3 nefs, 10 rosaces) avec une Vierge des Douleurs du 13ème aux larmes de diamant. Chaque soir on y célèbre la messe et la bénédiction des pèlerins dont le texte remonte au moyen âge.
— Le musée en façade sud possède un trésor exceptionnel.
— La capilla de Santiago (chapelle St Jacques : à l’extérieur conserve l’ancienne cloche d’Ibaneta)
— La capilla Sancti Spiritus préromane où furent inhumés Roland, les soldats de Charlemagne, et les pèlerins décédés.
C’est une étape de 21 km en "montagnes russes" mais globalement en descente.
— 7h : petit déjeuner
— 8h : "Laudes" dans l’église de la Colegiata à Roncesvalles
— 8h30 : chargement des bagages dans le car et départ des pèlerins à pied
— vers 12h (km 10) : halte-déjeuner au Barranco Sorabil : ravitaillement par voiture suiveuse au croisement avec la N135 (à mi-chemin entre les villages de Mezkiriz et Viscarret/Biskarreta) au bord du ruisseau. Lectio Divina après le déjeuner.
— vers 16h (km 17) : ramassage des pèlerins fatigués par le car au "Col de Erro" au croisement du chemin avec la N135
— vers 17h (km 21) : arrivée à Zubiri, récupération des bagages dans le car et installation à l’auberge "El Palo de Avellano"
— 19h30 : "Vêpres" au pieds du pont
— 20h30 : diner en commun à l’auberge
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Le mot de Jacques : Durant cette étape nous allons effectuer une belle découverte de la Navarre pyrénéenne. Hier nous avons parcouru des paysages montagneux et déserts, aujourd’hui nous traverserons les villages qui s’égrènent au fil des kms. Les bâtisses sont austères, assez vastes pour abriter les familles nombreuses du Pays Basque, avec des façades blasonnées (certaines du 16ème) et les dates de construction sur les linteaux de portes.
Le Chemin souvent devenu route zigzague avec le bitume ou s’en écarte avant de franchir le col de l’Erro. C’est une journée dédiée aux montagnes russes avec une belle descente sur Zubiri et la vallée de la rivière Arga.
Nous rencontrerons les villages de :
— BURGUETE, (le petit bourg) avec son église St Nicolas au centre du village et ses façades blasonnées. Par le casco antiguo, avec ses longues maisons à pignon nous suivrons la rue unique : Chaussée des Pèlerins.
— ESPINAL : bourg fondé en 1629. On y trouve également des portes armoriées le long de la grande rue. Dans le quartier St.Jacques se dresse une importante croix de fer. Son église San Bartolomé : moderne mais très jolie dans son écrin de verdure possède un retable baroque. À Puerto de Espinal nous passerons au pied d’une stèle trilingue.
— VISCARRET : Au 12ème ce village était étape du Chemin (Biscarretus) avec ses superbes fermes navarraises souvent blasonnées. On y trouve des vestiges à l’entrée la casa Acotain avec un chrisme, ancien hôpital. L’église San Pedro, plutôt 20ème, mais avec une porte romane du 13ème
— LINTZOAIN : sur la rive droite de l’Erro, on verra l’humble église San SATURNINO du 12ème, 14ème et 20ème qui garde une facture romane. Deux kms plus loin, de larges pierres sont censées donner la mesure des pas de Roland (los pasos de Roldan).
Puis c’est l’entrée dans Zubiri, en basque (le village du pont). Ce pont est un important ouvrage médiéval avec une puissante étrave que franchit le rio Arga. On l’appelait « puente de la rabia » car un animal qui passait 3 fois dessous guérissait de la rage. Il y eut en 1042 un monastère aujourd’hui disparu : l’Hospital (avant le pont) fût une léproserie.
C’est une étape de 17 km avec très peu de dénivelé : elle est assez courte mais un ramassage par le car au monastère de la "Trinidad de Arre" à Villava nous a permis d’éviter la fastidieuse traversée de la banlieue de Pamplona. Ainsi nous sommes arrivés directement près du pont "de la Magdalena" et de la "Porte des Français". Nous arrivons à Pamplona en plein "Fêtes de la San Firmin" avec lâcher de "toros" dans les rues : la ville déborde de gens tous habillés en blanc et rouge. Nous avons conservé notre logement à Zubiri, où le car nous a ramené depuis Pamplona.
— 7h : petit déjeuner
— 8h : "Laudes" dans le jardin de l’auberge
— 8h30 : départ des pèlerins à pied
— vers 9h (km 3) : halte à la Chapelle de Santa Lucia. Les locaux disent que cette Abbatiale était une forteresse construite dans le 12e siècle et ensuite convertie en église dans le 16e siècle. Il n’y a plus d’église paroissiale à Santa Lucia, mais les pèlerins de passage sont les bienvenus.
— vers 12h (km 9) : halte-déjeuner au village de Zurian : ravitaillement par voiture suiveuse près de pont sur la rivière Arga. Lectio Divina après le déjeuner.
— vers 17h (km 17) : arrivée au monastère de la "Trinidad de Arre" à Villava, embarquement dans le car et transport à Pamplona
— vers 18h : entrée dans Pamplona par la "Porte des Français" et traversée d’une partie de la ville en passant par la Cathédrale (fermée), l’église de San Saturnin (fermée) et l’église de San Lorenzo (ouverte) pour rejoindre le point de stationnement du car, à la gare routière près de la Citadelle.
— vers 19h30 : retour à l’auberge à Zubiri
— vers 20h30 : diner en commun à l’auberge
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Le mot de Jacques : Cette journée s’ouvre sur un décor bucolique, le Chemin se faufile à travers prés ou sous-bois en franchissant tour à tour des petits ponts en dos d’âne jetés au Moyen Age sur le cours de la rivière Arga que nous longerons jusqu’à Pampelune. Les églises aux allures de forteresse, dominent les villages et les hameaux.
A la sortie de Zubiri, nous passerons devant l’imposante usine des Magnesitas de Navarra (magnésite : silicate naturel de magnésium (écume de mer). Nous progresserons vers ILLARAZ en laissant à droite l’ancienne ermita de Santa Lucia (exploitation agricole avec facture romane) et vers ESQUIROZ sur l’autre rive avant d’arriver à LARRASOANA. Avant le pont à l’entrée, la splendide maison (Venta de Akarreta) fût un hôpital gothique. Le pont est médiéval et le village bâti autour du monastère de San Agustin du 11ème. C’est un village-rue avec 2 portes, ses maisons sont en pierre avec pignons de bois, balcons fleuris et armoiries. Puis ce sera ZURIAIN à droite du Chemin et IROTZ où l’Arga fait un crochet à l’ouest de la vieille route qui le franchit sur l’élégant pont roman d’Iturgaiz.
À ZABALDICA, le quartier haut est groupé autour de l’église San Esteban où se trouve une belle statue de St.Jacques pèlerin. Nous passerons dans le quartier bas et verrons une chapelle à clocher mur. Le Chemin nous amènera sur la voie romaine à ARLETA où se trouvent des stèles funéraires discoïdales dont une avec une croix de St.Jacques, et la chapelle Santa Marina avec un portail roman très simple.
Puis ce sera l’entrée dans la banlieue de Pampelune avec TRINIDAD de ARRE et son pont de 55m à 5 arches sur le rio Ulzama (affluent de l’Arga). Sur l’autre rive le Chemin passe sous le porche d’un imposant ensemble de bâtiments monastiques. Il reste une abside romane, et à la suite VILLAVA, déjà citée dès 1184, où les moines de Roncevaux possédèrent une importante maison « la Claveria de Altarrabia » du 11ème au 19ème. Et ce sera l’entrée dans Pampelune en franchissant le rio Arga par le Puente de la Magdalena (origine 15ème)
PAMPELUNE – PAMPLONA ou IRUNA (en basque) : la ville a du charme et une personnalité qui lui est propre. Capitale de la Navarre, ses petites ruelles ombragées et ses grandes places bordées de platanes permettent de trouver calme et repos. Mais ce ne sera pas le cas : le 8 juillet lorsque nous y arriverons au milieu des fêtes de la San Firmin qui attirent une foule immense pour l’encierro de taureaux chaque jour. Néanmoins nous pourrons peut-être voir sur le Chemin en traversant la ville :
— la cathédrale gothique de 1497 avec une façade néo-classique du 18ème. C’est sur l’emplacement d’un capitole romain puis d’une première cathédrale romane. La tour côté nord conserve la 2e cloche d’’Espagne de 12 tonnes. Le chœur plateresque est du 16ème
— le cloître gothique passe pour être le plus beau d’Espagne avec ses remarquables sculptures mariales.
— le musée diocésain est attenant au cloître. C’est l’ancien hospital San Miguel. Il conserve intacts le réfectoire, et l’antique cuisine des pèlerins avec 4 cheminées à ciel ouvert, formant une tour à l’extérieur.
D’autres monuments sont très intéressants :
— le Portal de Francia fleurdelisé.
— la porte de Zumamacareguy (chef basque) avec fortifications du 16ème
— l’église gothique San Saturnino du 13ème, la plus ancienne de la ville avec une statue de St.Jacques et le "pèlerin dépendu" à ses pieds. Devant l’église se trouvent les puits avec l’eau desquels St Saturnin baptisait.
— le musée de Navarre (ancien hospital de N. S. de la Misericordia avec un portail du 16ème)
— le Temple del Castillo du 11ème, remanié au 13ème, 14ème et 19ème avec un retable baroque qui évoque la légende du pèlerin auquel on avait volé son âne.
La sortie de Pampelune s’effectue par la Vuelta del Castillo dans le grand parc qui entoure la citadelle.
Au matin, le car nous a ramené de Zubiri à Cezur Menor, à la sortie sud de Pamplona, en nous évitant l’inutile traversée des faubourgs de la ville. C’est une étape de 20 km dont la première moitié est en ascension constante : on passe des 450m de Cezur Menor aux presque 800m du Alto de Perdon.
— 7h : petit déjeuner
— vers 8h : embarquement des bagages dans le car. Route de Zubiri à Cezur Menor. "Laudes" dans le car.
— vers 11h (km 7) : halte-déjeuner à Zariqueigui et Lectio Divina autour de l’église romane
— vers 12h : ravitaillement par la voiture suiveuse près de l’église romane. Nous-nous sommes arrêtés ici parce que la suite de la montée au Alto et la descente sur Uterga n’offrent aucun lieu favorable au déjeuner du groupe et à la lectio divina, ni aucun abri en cas de météo défavorable.
— vers 14h : passage au col "Alto del Perdon"
— vers 16h (km 14) : à Uterga, ramassage par le car des pèlerins fatigués. Les autres ont poursuivi à pied vers l’église de Eunate
— vers 17h : "Vêpres" devant l’église de Eunate, puis visite de l’église.
— vers18h : poursuite à pieds ou en car (pour les pèlerins fatigués) vers Puente-la-Reina et l’auberge "Santiago Apostol"
— 19h30 : Messe à Puente-la-Reina à l’église de Santiago el Mayor
— 20h30 : diner en commun à l’auberge
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Le mot de Jacques : Sur sa colline, CIZUR MENOR conserve l’église romane de San Juan, d’une commanderie des Hospitaliers de St Jean de Jérusalem (13ème) : son portail a 3 voussures avec colonnettes et un chrisme. À gauche, autre église romane du 12ème, du village antérieur au monastère : Santos Emeterio & Celedonio. Au n°1 calle de San Emeterio se trouve l’ancienne auberge des pélerins qui s’appelle toujours hopitalescoa.
Ce jour on franchira la sierra del Perdon, d’où l’on jettera un dernier regard vers la chaîne des Pyrénées, majestueuse par beau temps qui permet d’apprécier la distance parcourue en 3 jours. Il faudra monter sur l’Alto del Perdon avec un drôle de bruit. Non ce ne sont pas les moulins, et don Quichotte ne rôde pas dans les parages, mais il s’agit d’éoliennes qui tournoient au-dessus de nos têtes. Au col de l’Alto del Perdon vous serez accueillis par des silhouettes de fonte grandeur nature. Il s’agit de pèlerins à pied, à dos d’âne ou à cheval avec le « Chemin des Etoiles » au-dessus de leurs têtes. Nous entrons dans le cœur de l’Espagne. À l’ouest les décors s’élargissent annonçant déjà la Meseta. On passe de la zône pyrénéenne humide à la zône méditerranéenne sèche. Plus loin du côté d’UTERGA nous rencontrerons les premiers champs d’oliviers, la vigne et les plantes aromatiques en bordure du Chemin auront les senteurs du sud.
Peu de villages : le premier est situé à 6 kms. Il se voit de loin avec son fronton basque et son cyprès du cimetière. C’est ZARIQUIEGUI, son église romane San Andres. importants porches et blasons au-dessus des linteaux.
Puis dans la descente ce sera UTERGA : son église gothique du 16° à clocher carré, une fontaine et des maisons blasonnées. À MURUZABAL nous trouverons le palais du 17ème à façade baroque et l’église San Esteban du 16ème abritant un St.Jacques sur le retable de la chapelle latérale.
2 kms plus loin nous atteindrons OBANOS, avec son église restaurée néo-gothique de 1912. Elle possède une Vierge du 13ème, Nuestra Senora la Blanca. Il y a un détour pour le pèlerin qui en vaut la peine. À partir de MURUZABAL, il faut aller vers la splendide chapelle d’EUNATE. C’est un sanctuaire funéraire roman du 12ème à coupole nervurée et plan grec octogonal, entouré d’une riche galerie circulaire et découverte de 33 arcs qui l’entoure complètement. Les 3 côtés sud sont romans avec chapiteaux décorés alors que les autres datent du 18ème.
À l’entrée de PUENTE la REINA, venant d’Obanos, une statue du pèlerin de 1965 porte une plaque rappelant qu’ici le chemin aragonais et le chemin navarrais se fondent en un seul chemin. La ville est née du pèlerinage, elle tire son nom du pont que fît bâtir au 11ème une souveraine charitable. C’est une bastide aux rues perpendiculaires entourée de murailles, les remparts sont du 13ème. Le Chemin y pénètre par un passage voûté entre l’église du Crucifix et l’ancien hôpital et se prolonge par la rua Mayor. Elle garde une émouvante atmosphère médiévale avec ses maisons à portes gothiques et à chapiteaux et ses nombreuses églises :
— au début le la calle Mayor : église del Crucifijo d’influence bizantine (12ème et 13ème) avec 2 nefs, une ancienne romane et une du 14ème gothique et un très beau porche sculpté.
— à la moitié de la calle Mayor : église de Santiago el Mayor du 12ème avec 3 nefs, un cloître et une tour du 18ème. Statues de Santiago le Noir et San Bartolomé. Elle garde de ses origines un portail roman à 5 voussures dont une polylobée et à l’intérieur un retable baroque qui raconte la vie de St.Jacques.
— plus près du pont, l’église San Pedro, d’origine 12ème, reconstruite au 16ème. Retable de N.D. du Puy ou du Txori (oiseau en basque).
— et nous terminerons par le majestueux pont sur l’Arga qui repose sur 6 arches. À sa construction le pont était défendu par 3 tours dont l’une abritait la statue Renaissance de la Vierge du Puy, appelée aussi « Vierge du Txori » (oiseau en basque). Selon la tradition, un oiseau lui rendait visite chaque jour, lavant son visage avec les eaux de la rivière et la débarrassant des toiles d’araignée avec ses ailes. Cette statue se trouve maintenant dans l’église San Pedro.
Étape longue (23 km) et vallonnée, avec quatre montées et descentes entre Puente-la-Reina et Estella. Il a donc été prévu un point de ramassage par le car à Villatuerta, 5 km avant l’arrivée.
— 7h : petit déjeuner et embarquement des bagages dans le car. Départ des pèlerins à pied.
— vers 8h : "Laudes" au pont médiéval
— vers 12h (km 12) : halte-déjeuner près du pont médiéval avant d’arriver à Lorca. Ravitaillement par la voiture suiveuse. Lectio-divina après le déjeuner.
— vers 14h : traversée de Lorca et halte rafraichissante à la fontaine du village (aujourd’hui chaleur accablante -température frôlant les 40°- et parcours totalement découvert, les seuls refuges à l’ombre étant les ponts sous les routes)
— vers 17h (km 18) : halte à l’église de Villatuerta. Ramassage par le car des pèlerins fatigués
— vers 18h (km 23) : arrivée à Estella. Déchargement des bagages et installation dans le logement (Albergue de Capuchinos Rocamador)
— 19h30 : "Vêpres" et échanges en groupe dans les jardins de l’auberge
— 20h30 : diner en commun à l’auberge
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Le mot de Jacques : La richesse et la variété de cette étape nous donnera l’impression en arrivant à ESTRELLA d’avoir parcouru une distance considérable. C’est la confirmation d’une évidence : marcher pendant 20 kms donne cent fois plus l’occasion de s’émerveiller que d’effectuer un parcours identique au volant en 15 minutes. Nous suivrons la N111 à bonne distance en louvoyant. En franchissant plusieurs ponts romains d’un bout à l’autre de l’étape, nous ne rencontrerons que 4 villages :
— à 5 kms, MANERU : à l’entrée nous serons accueillis par une croix de pierre à fût polygonal. La calle Real nous conduira vers l’église baroque San Pedro, à plan circulaire.
— à 8 kms, nous atteindrons CIRAUQUI : avec son église gothique dont la façade est demeurée romane (13ème), les portes polylobées sont d’influence mozarabe.
— à 13 kms, nous arriverons à LORCA : on laissera l’église San Salvador (chevet roman du 12ème) en longeant la rue principale.
— pour terminer à VILLATUERTA où nous verrons l’église Santa Maria de la Asuncion, qui sur des vestiges d’une église romane du 13ème a une architecture des 14ème et 15ème et un retable du 17ème.
Pour l’hébergement nous rejoindrons ESTELLA (LIZARRA en basque), qui réserve son lot de richesses. La ville de l’Étoile est une station importante sur le Chemin avec ses nombreuses églises, palais, vieilles ruelles et places qui reprennent vie à l’heure du crépuscule. Il y a 7 églises dans la ville :
— Eglise San Pedro de la Rua : Romane la plus ancienne et la plus connue du 12ème. Portail polylobé et splendide cloître aux colonnes obliques.
— Eglise Santo Sepulcro : magnifique porte en bois sculpté avec épisodes de la vie du Christ.
— Eglise San Miguel : portail nord roman richement historié. Bas-reliefs : les 3 Marie revenant du sépulcre et St Michel terrassant le dragon.
— Eglise mariale Notra Senora de Rocamadour : chevet roman avec des modillons et une Vierge assise du 13ème et un St.Jacques pèlerin du 17ème.
— Autres églises : San Pedro de Lizarra, San Juan Bautista et Santa Maria del Castillo
Dernière étape de notre cheminement en 2015 vers Santiago-de-Compostela : la première partie est en montée constante sur 8 km jusqu’à Villamayor-de-Monjardin, et ensuite en descente jusqu’à Los Arcos. Il nous faut autant de temps pour faire le 8 premiers km en montée que les 13 suivants en descente, raison pour laquelle on choisi de faire notre halte déjeuner + lectio divina à Villamayor-de-Monjardin (et aussi parce que après il n’y a plus aucun village jusqu’à Los Arcos).
— 7h30 : "Laudes" dans la chapelle attenante à l’auberge
— vers 8h : embarquement des bagages dans le car. Départ des pèlerins à pied.
— vers 9h : passage par la "fontaine à vin" près du monastère de Irache
— vers 12h : Lectio Divina autour de l’église de Villamayor-de-Monjardin. Halte déjeuner, avec ravitaillement par la voiture suiveuse, sur l’esplanade de la "Calle la Plaza".
— vers 17h (km 21) : arrivée à Los Arcos et installation dans le logement (Albergue La Fuente-Casa de Austria)
— 19h : "Vêpres" et Messe dans l’église baroque Sainte Marie
— 20h30 : diner en commun de fin de parcours au restaurant Mavi (très bon et très copieux !)
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Le mot de Jacques : Dès la sortie d’ESTELLA un choix s’impose, faire le crochet par IRACHE. La beauté et la longue histoire du monastère mérite un petit détour. Nous serons récompensés de ce petit effort (qui donne soif), par la découverte d’une fontaine à vin mise à la disposition des pèlerins par les moines d’IRACHE. A consommer modérément bien sûr. C’est pour cette raison que la suite de l’étape est d’un tracé rectiligne.
Nous admirerons le splendide monastère d’IRACHE avec son église romane à tour carrée, son chevet roman et les statues des évangélistes. Il possède également un cloître richement orné du 16ème.
Puis un parcours à travers champs et sous les chênes verts nous conduira directement au pied de la colline de MONJARDIN, près d’une citerne gothique qui renferme une eau pure et fraîche.
VILLAMAYOR de MONJARDIN a une église romane du 12ème à nef unique et chevet semi-circulaire et une tour baroque du 17ème. Les chapiteaux du portail roman représentent l’un une Vierge à l’Enfant et l’autre un combat de chevaliers. À l’intérieur magnifique croix en bois recouverte d’argent du 13ème.
Après VILLAMAYOR le décor s’ouvre sur l’immensité des champs loin des villages, des routes et des arbres. Pendant 3 heures nous n’entendrons que le son de nos pas sur les gravillons du chemin. Le parcours est seulement meublé de loin en loin de bergeries et de despoblados (villages abandonnés). On peut apercevoir sur une forte hauteur le sanctuaire de San Gregorio Ostience.
LOS ARCOS existait à l’époque romaine. La porte du 17ème s’ouvre sur une place à arcades. La belle église baroque Santa Maria et les façades blasonnées nous accueillent pour terminer ce pélerinage.
L’église Santa Maria de l’Assomption abrite une Vierge française du 14ème, un retable gothique du 15ème, et des stalles polychromes, un orgue somptueux du 18ème et un cloître de style gothique flamboyant du 15ème aux arcs d’une grande beauté.

Dimanche 12 juillet : Los Arcos - Marly-le-Roi

C’est la fin de notre cheminement de 2015 vers Santiago-de-Compostela ... à l’année prochaine !
— 8h : chargement dans le car des bagages et des vivres pour le déjeuner et le diner ; départ.
— vers 9h : "Laudes" dans le car
— vers 12h : pause-déjeuner sur une aire d’autoroute
— vers 17h : "Vêpres" dans le car
— vers 19h : pause-diner sur une aire d’autoroute
— vers 21h : arrivée à Marly-le-Roi. Fin du voyage
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